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Crime contre le patrimoine à Sidi Bou Saïd, un village pourtant «protégé»

Pour ses habitants comme pour ses visiteurs, locaux et étrangers, Sidi Bou Saïd, le célèbre village de style arabo-andalous situé dans la banlieue nord de Tunis, est devenu méconnaissable. La laideur y côtoie l’incivisme et les atteintes à son cachet architectural le disputent aux incivilités au quotidien. Il est temps de protéger ce village censé déjà l’être mais où tout va à vau l’eau dans une sorte de laisser-aller criminel.

Par Nebil Maghraoui *

En haut de Sidi Bou Saïd, près du parking du restaurant le Bon vieux temps et en face de Dar Khatech, se trouve Dar Salima, qui donne aussi sur la route en cul-de-sac menant au Café des Délices, ex-Sidi Chabaane, où les nouveaux propriétaires, propriétaires aussi de l’hôtel de charme Maison bleue, viennent d’effectuer des travaux. Les arbres et les palmiers bordant la clôture qui jouxte le parking furent les premières victimes d’une série d’irrégularités violant l’harmonie du village et agressant l’esprit des lieux. La deuxième victime fut le flanc du monticule du parking donnant sur l’impasse en dénivelé (à cinq mètres environ du Café des Délices), qui a été éventré (ou est en cours de l’être) pour en faire une voie d’accès directe au à ce café, vraisemblablement par ascenseur… Or l’endroit est censé être protégé par la loi mais aussi par l’administration municipale.

Le massacre du village se poursuit

La quiétude des résidents, leur sécurité, leur protection des nuisances sonores, du vacarme des feux d’artifice et des klaxons des limousines des nouveaux mariés, de la pollution, des braquages, du trafic des stupéfiants, des vols à l’arraché, des violations de domiciles, de la pollution marine des 175 mètres linéaires de plage et de côte qui accueillent 1000 personnes au m2, des marchands de beignets, les fameux «bambalounis», et de pop-corn, des dresseurs d’éperviers et des tatoueurs-amateurs («harkouss»)… Bref, le village de Sidi Bou Saïd, un havre de paix, est transformé en Dahdah, en circuits de motos rodéos avec double pots d’échappement pour faire plus de bruit, en fête foraine, en esplanade et en cour des miracles où la consommation de la bière ainsi que d’autres liqueurs et produits non conseillés, se fait dans des voitures stationnées dans toutes les artères et les routes touristiques du village (Kennedy, route Sidi Dhrif , route Chargui et Bakbaka, forêt de Sidi Dhrif, mêmes les cimetières de Sidi Bou Said et très bientôt la route de Dar Bey… ne sont pas épargnés.

Trop c’est trop…

Que celles et ceux qui ne sont pas aptes à assumer la gestion des affaires municipales municipales dégagent ! Et que celles et ceux qui ne connaissent pas leurs attributions dans le cadre de la responsabilité que leur a confiée le peuple souverain de Sidi Bou Said foutent le camp !

En attendant l’audit complète des lieux, les irrégularités déjà constatées et répertoriées sont de l’ordre de crime contre le patrimoine…

À bon entendeur…

* Chef d’entreprise.

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