Mutinerie — Wikipédia
Mutinerie
rébellion contre une hiérarchie
Une mutinerie est une action collective de révolte au sein d'un groupe réglé par la discipline, les détenteurs de l'autorité étant généralement mis en cause avec vigueur ; elles surviennent donc plus spécialement dans les armées, les prisons et bagnes, par les équipages.
L'équipage mutiné du Bounty abandonnant en mer le capitaine et un groupe de matelots fidèles (1789).
Un groupe de matelots français mutinés en 1919 en mer Noire.
Étymologie
Sans doute lié à la bataille de Mutina (actuelle Modène) en 43 av. J.-C., entre Marc Antoine et Octave.
Article détaillé : Guerre civile de Modène.
Allemagne
Mutinerie de la 13e division SS Handschar
Article détaillé : Villefranche-de-Rouergue#Époque contemporaine.
France
Mutinerie du 17e régiment d'infanterie de ligne
Article détaillé : Gloire au 17e.
Loi des Trois ans
Article détaillé : Loi des Trois ans.
Discours de Jean Jaurès au Pré-Saint-Gervais (25 mai 1913).
Le 5 mars 1913, un projet de loi prévoit d'allonger la durée du service militaire de deux à trois ans. Pour s'y opposer, la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), la Confédération générale du travail (CGT) et la Fédération communiste anarchiste (FCA) organisent des meetings et des manifestations importantes dont celle du 25 mai 1913, au Pré-Saint-Gervais, qui réunit de 40 000 à 150 000 personnes[1].
En mai, les conscrits dont la libération prévue quelques mois plus tard est retardée d'un an s'agitent dans des casernes de tout le pays. À Toul, l'ordre est rétabli par la gendarmerie. À Rodez, deux bataillons du 122e régiment d’infanterie préméditent une sortie collective de la caserne pour aller débaucher une autre garnison. Le début de mutinerie est étouffé par un officier qui braque un fusil sur les manifestants[2]. Des soldats passent en Conseil de guerre, sont punis de prison ou envoyés en compagnies de discipline[3]. Des perquisitions, des arrestations et des emprisonnements frappent les militants syndicaux et anarchistes[4],[5]. L'Assemblée nationale renonce à prolonger les services militaires en cours[6]. Le projet de loi des Trois ans est voté le 19 juillet par l'Assemblée nationale et le 7 août par le Sénat[7].
Première Guerre mondiale
Article détaillé : Mutineries de 1917.
Au cours de l'année 1917, l'armée française lance des offensives qui sont des échecs, comme au Chemin des Dames (dans l'Aisne) où elle ne parvient pas à percer les lignes allemandes. Des mutineries éclatent alors et touchent environ 40 000 hommes : les soldats réclament une amélioration de leurs conditions de vie et la fin des offensives sanglantes et inutiles. Le général Pétain rétablit la situation au prix d'une sévère répression mais il améliore aussi la vie quotidienne du "poilu".
Selon les historiens, le nombre de fusillés à la suite des mutineries de 1917 serait d'environ 50 soldats.
En quatre ans, 2 400 « poilus » sont condamnés à mort et 600 exécutés, fusillés pour l'exemple[8]. Les autres voient leur peine commuée en travaux forcés. Quelques-uns, dont Félix Baudy, ont été rétablis dans leur honneur dans les années 1920 à 1930. Ce chiffre est somme toute faible sachant que la moitié des divisions françaises engagées ont connu des mutineries.
Exemples
Notes et références
  1. Armand Villette, « Kermesse rouge », Le Gaulois, no 13008,‎ 26 mai 1913, p. 1-2
  2. « À Rodez, ce fut une véritable mutinerie militaire », Le Matin, no 10 679,‎ 24 mai 1913, p. 1
  3. D., « Les incidents militaires », Le Gaulois, no 13009,‎ 27 mai 1913, p. 3
  4. L. Desmoulins, « Les traîtres », Le Gaulois, no 13009,‎ 27 mai 1913, p. 1
  5. Armand Villette, « Perquisitions chez les Antimilitaristes », Le Gaulois, no 13009,‎ 27 mai 1913, p. 3 et d'autres articles sur la même page
  6. Guillaume Davranche, Trop jeunes pour mourir : ouvriers et révolutionnaires face à la guerre : 1909-1914, Montreuil et Paris, L'Insomniaque et Libertalia, 2016, 558 p.(ISBN 978-2-918059-82-0), p. 371
  7. "1913: Débuts de mutineries dans les casernes", dans Alternative libertaire de mai 2013
  8. Les Fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999), Nicolas Offenstadt, éditions Odile Jacob, 1999, p. 21
  9. http://www.wiki-brest.net/index.php/Jean_Le_Lann,_un_Plougastel_t%C3%A9moin_des_mutineries_de_la_mer_Noire
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes
Dernière modification le 23 avril 2021, à 20:49
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