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Abir Moussi
avocate et femme politique tunisienne
Abir Moussi
عبير موسي
Fonctions
Présidente du groupe PDL à l'Assemblée des représentants du peuple
En fonction depuis le 13 novembre 2019
(1 an, 5 mois et 21 jours)
Législature
IIe
PrédécesseurGroupe créé
Députée de la deuxième circonscription de Tunis
En fonction depuis le 13 novembre 2019
(1 an, 5 mois et 21 jours)
Élection6 octobre 2019
Législature
IIe
Groupe politiqueParti destourien libre
Présidente du Parti destourien libre
En fonction depuis le 13 août 2016
(4 ans, 8 mois et 21 jours)
Secrétaire généralHatem Lamari
PrédécesseurHamed Karoui
Biographie
Date de naissance15 mars 1975 (46 ans)
Lieu de naissanceJemmal, Tunisie
Nationalitétunisienne
Parti politiqueRCD puis PDL
PèreTijani Moussi
ProfessionAvocate
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Abir Moussi (arabe : عبير موسي‎), née le 15 mars1975 à Jemmal, est une avocate et femme politique tunisienne.
Elle est la présidente du Parti destourien libre depuis 2016 et députée depuis 2019.
Biographie
Abir Moussi naît le 15 mars 1975 à Jemmal de Tijani Moussi[1], originaire de Béja et qui travaille à la sûreté nationale, et d'une mère institutrice (originaire du Sahel)[2],[3],[4].
Carrière professionnelle
Titulaire d'une maîtrise en droit (1998) et d'un DEA en droit des affaires (2003[5]), elle devient avocate au barreau de Tunis. Elle est par ailleurs adjointe au maire de l'Ariana, présidente du comité des contentieux municipaux[6], membre du forum national des avocats du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et secrétaire générale de l'Association tunisienne des victimes du terrorisme[3].
Carrière politique
Le 12 janvier 2010, elle est nommée secrétaire générale adjointe chargée de la femme au RCD[3]. À la suite de la chute du régime du président Zine el-Abidine Ben Ali et à la dissolution du RCD en 2011, à laquelle elle s'oppose en tant qu'avocate[7], Abir Moussi rejoint le Mouvement destourien fondé par l'ancien Premier ministre Hamed Karoui[8].
Entre 2011 et 2014, elle se met cependant en retrait de la vie politique, affirmant avoir été « constamment harcelée pour avoir assumé des positions qui déplaisaient »[9].
Le 13 août 2016, elle est nommée présidente du Mouvement destourien, rebaptisé en Parti destourien libre[2]. Ce dernier rassemble les sympathisants de l'ancien Rassemblement constitutionnel démocratique qui dominait le pays avant la révolution[10],[11], ce qui lui a parfois valu d'être qualifié d'extrême droite[12].
Abir Moussi prend ainsi la direction des nostalgiques de la dictature autoritaire de l'ancien président Ben Ali, sous lequel selon elle « il n'y avait ni chômage ni pauvreté », la révolution l'ayant fait tomber étant « un complot des Européens et des sionistes »[13]. Elle ne reconnaît par conséquent pas la Constitution de 2014[13] et prône l'établissement d'un régime présidentiel[9].
Elle est élue députée de la deuxième circonscription de Tunis lors des élections législatives de 2019[14]. Durant son mandat, son groupe parlementaire entrave à plusieurs reprises les travaux de l'Assemblée des représentants du peuple via un sit-in, comme lors du vote de la loi de finances en décembre2019[15] ou encore en juillet 2020[16].
Elle est candidate à l'élection présidentielle de 2019. À l'issue du premier tour, elle obtient 4,02 % des voix et n'est donc pas qualifiée pour le second.
Toujours en juillet 2020, elle se trouve au cœur d'une polémique sur des propos tenus à son égard par l'humoriste Lotfi Abdelli[17].
Positionnements
Sujets de société
Article connexe : Situation des personnes LGBT+ en Tunisie.
Abir Moussi s'est déclarée opposée à la dépénalisation de l'homosexualité[18]. Le 16 août2018, l'ONG Aide de défense homosexuelle pour l'égalité des orientations sexuelles (ADHEOS) appelle à interdire l'espace Schengen à Abir Moussi suite à des propos homophobes et incitant à la haine, dans lesquels elle demande l'emprisonnement systématique des homosexuels qu'elle associe à des criminels[19],[20]. En septembre 2019, elle soutient par ailleurs la pratique du « test anal » pratiquée à l'encontre des homosexuels par les forces de l'ordre, s'il a lieu « à la suite d'une décision judiciaire »[21].
Article connexe : Condition féminine en Tunisie.
Bien que se revendiquant en faveur de l'égalité homme-femme en matière d'héritage, elle s'oppose en 2018 au projet du gouvernement sortant de la mettre en œuvre, jugeant que celui-ci, en étendant les droits aux enfants nés hors mariage, représente une atteinte à l'institution de la famille[22],[23],[24]. La proposition de la Commission des libertés individuelles et de l'égalité (Colibe) d'introduire cette égalité tout en laissant le choix aux légataires d'utiliser l'ancien système basé sur le Coran attire également les critiques de la candidate, qui y voit « la porte ouverte aux mariages coutumiers et à une discrimination entre les femmes elles-mêmes »[9].
Hostilité à Ennahdha et soutien des Émirats arabes unis
Jonathan Fenton-Harvey avance dans The New Arab (en) qu'il existe des preuves indiquant que les Émirats arabes unis ont établi une relation avec le parti d'Abir Moussi, en raison de leur hostilité commune envers Ennahdha, le Qatar et la Turquie et de sa nostalgie du régime de Ben Ali[25], Robert F. Worth (en) pointant pour sa part le fait que ce pays est à la pointe du combat pour le rétablissement des régimes autoritaires dans le monde arabe[26].
Dans ce contexte, on note la présence de l'ambassadeur émirati en Tunisie à l'une de ses conférences de presse durant la campagne électorale de 2019[27]. Abir Moussi apparaît par ailleurs fréquemment dans des médias émiratis et a reçu les éloges de l'ancien chef de la police de Dubaï (en)[25]. Hatem Nafti indique enfin que les médias émiratis, mais aussi saoudiens et égyptiens, couvrent largement ses interventions[15], Sarra Grira citant dans Orient XXI les exemples d'Al-Arabiya, d'Al-Hadath (en) et de Sky News Arabia[28].
En juin 2020, elle défend une résolution condamnant les ingérences étrangères en Libye, pointant du doigt la Turquie et le Qatar[15], puis présente un projet de résolution visant à classer les Frères musulmans comme organisation terroriste et mouvement « hostile à l'État civil » et à poursuivre toute personne ayant collaboré avec eux[29], une revendication partagée par les Émirats arabes unis[25].
Distinctions
Officier de l'ordre de la République[3].
Vie privée
Elle est mariée et mère de deux filles[3].
Notes et références
  1. « Décès du père de Abir Moussi », sur businessnews.com.tn, 31 mai 2020(consulté le 21 mars 2021).
  2. a et b
    Brahim Oueslati et Fawzia Zouari, « Tunisie : Abir Moussi, portrait d'une Benaliste convaincue », sur jeuneafrique.com, 19 mars 2019 (consulté le 23 mai 2019).
  3. a b c d et e « Biographie de Mme Abir Moussi », sur turess.com, 12 janvier 2010(consulté le 4 août 2019).
  4. Amina Mkada, « Biographie de Abir Moussi, candidate à l'élection présidentielle anticipée », sur kapitalis.com, 5 septembre 2019 (consulté le 22 janvier 2020).
  5. « Mémoires Mastère et DEA Sciences Juridiques & Droit », sur fsjegj.rnu.tn(consulté le 22 août 2020).
  6. (ar) « Biographie de Mme Abir Moussi », sur turess.com, 12 janvier 2009 (consulté le 22 août 2020).
  7. « Tunisie : Abir Moussi, portrait d'une Benaliste convaincue », sur jeuneafrique.com, 19 mars 2019 (consulté le 18 août 2019).
  8. Frida Dahmani, « Tunisie : ces anciens cadres de l'ère Ben Ali qui ont su rebondir », sur jeuneafrique.com, 16 novembre 2018 (consulté le 23 mai 2019).
  9. a b et c « Tunisie – Abir Moussi : « Nous voulons instaurer un régime présidentiel » », sur Jeune Afrique, 16 juillet 2019 (consulté le 29 décembre 2020).
  10. « Tunisie : Hamed Karoui lance une initiative pour rassembler les destouriens », sur news.gnet.tn, 30 mai 2013 (consulté le 1er juillet 2019).
  11. « Le Mouvement destourien rebaptisé le Parti destourien libre », sur shemsfm.net, 16 août 2016 (consulté le 26 mai 2018).
  12. Khalil Aidani, « La nouvelle extrême-droite tunisienne »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur huffpostmaghreb.com​, 29 mars 2019.
  13. a et b « Tunisie : ces favoris de la présidentielle », sur lepoint.fr, 10 août 2019 (consulté le 7 septembre 2019).
  14. « Législatives en Tunisie : Ennahdha en tête avec 52 sièges, selon les résultats officiels », sur jeuneafrique.com, 10 octobre 2019 (consulté le 11 octobre 2019).
  15. a b et c
    Hatem Nafti, « Tunisie : entre la gauche et les islamistes, Abir Moussi refait le nid de l'ancien régime », sur middleeasteye.net, 21 juin 2020 (consulté le 15 août 2020).
  16. « Tunisie - ARP : intervention de la police judiciaire au sein de la salle des plénières pour un constat sur le blocage des travaux au parlement », sur directinfo.webmanagercenter.com​, 20 juillet 2020 (consulté le 15 août 2020).
  17. Leila Toubel, « Ce qu'a dit Lotfi Abdelli sur Abir Moussi est abject, mais non à la censure ! », sur kapitalis.com, 8 août 2020(consulté le 12 août 2020).
  18. « Abir Moussi : l'homosexualité peut affecter le modèle familial tunisien », sur businessnews.com.tn, 12 septembre 2019(consulté le 10 mars 2020).
  19. « L'ONG ADHEOS appelle l'État français à interdire l'espace Schengen à l'extrémiste tunisienne Abir Moussi », sur adheos.org, 29 août 2018 (consulté le 23 mai 2019).
  20. Ayda Labassi, « L'ADHEOS appelle à interdire l'espace Schengen à Abir Moussi »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur huffpostmaghreb.com​, 31 août 2018.
  21. « Présidentielle : Abir Moussi refuse la dépénalisation de l'homosexualité et approuve le test anal », sur kapitalis.com​(consulté le 10 mars 2020).
  22. « Abir Moussi : le principe de l'égalité successorale légitimera les enfants nés hors-mariage », sur businessnews.com.tn, 23 août 2018 (consulté le 7 septembre 2019).
  23. « Selon le PDL, l'égalité dans l'héritage entre l'enfant légitime et l'enfant naturel est une menace à l'institution de la famille », sur huffpostmaghreb.com​, 19 août 2018(consulté le 7 septembre 2019).
  24. Rihab Boukhayatia, « Présidentielles : l'égalité à l'héritage, ligne de clivage symptomatique », sur nawaat.org, 7 septembre 2017 (consulté le 7 septembre 2019).
  25. a b et c
    (en) Jonathan Fenton-Harvey, « The UAE's hidden hand in Tunisia's political crisis », sur english.alaraby.co.uk, 28 juillet 2020 (consulté le 15 août 2020).
  26. Robert F. Worth, « Pour Mohamed Ben Zayed, l'autoritarisme est l'avenir du Proche-Orient », sur orientxxi.info, 28 janvier 2020(consulté le 22 août 2020).
  27. Benoît Delmas, « Comment les Émirats veulent imposer leur ordre au Maghreb », sur lepoint.fr, 23 février 2020 (consulté le 11 août 2020).
  28. Sarra Grira, « La Tunisie, arène d'une guerre médiatique entre États du Golfe », sur orientxxi.info, 8 juillet 2020 (consulté le 15 août 2020).
  29. Raúl Redondo, « Abir Moussi promeut un projet classant les Frères musulmans comme organisation terroriste », sur atalayar.com, 9 juin 2020 (consulté le 11 août 2020).
Dernière modification le 21 mars 2021, à 20:34
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